école de Dressage de Michel et Catherine Henriquet

Mars 2013 : Teimoso travaille dans une ambiance différente.

Comme elle l’avait déjà fait au mois de septembre au concours de Saumur, Catherine Henriquet a emmené à nouveau Teimoso avec elle en concours, pour tester ses réactions dans un contexte délicat, au milieu de centaines de chevaux, et résoudre au fur et à mesure les problèmes inévitables posés par le travail dans cette situation habituelle.

Beaucoup d’enseignements pendant ce petit exil de quelques jours...

J’ai profité d’un concours international auquel je participais avec Paradies, à 800 kilomètre d’ici, pour emmener Teimoso et l’habituer aux changements d’environnement et de voisins. Calme pendant le transport, il était assez excité les premiers jours. Je le montais dans mes moments libres au milieu des centaines d’autres chevaux qui s’entraînaient avant les épreuves. Après trois jours assez chauds, il était acclimaté.


Détente au trot enlevé.

Dans ces circonstances, il est important de marcher au pas un quart d’heure pour qu’il prenne contact avec l’ambiance sans faire le clown.

Ralentir et repartir toutes les dix foulées est une des clés du retour au calme dans l’impulsion

Au trot, le contrôle des cadences fut délicat mais nous y sommes parvenus sans réciproquement nous énerver, en revenant simplement aux allures inférieures de temps à autre. Le premier jour, une heure et demie a été nécessaire pour avoir un cheval normal, le second jour, une heure, et troisième, une demi-heure.

Sa période d’adaptation à une nouvelle ambiance sera de plus en plus rapide.

Il faut canaliser son énergie par de grandes diagonales en cession à la jambe, des épaules et contre-épaules en dedans et des appuyers. Chaque fois que je suspendais le mouvement, il en profitait pour « passer derrière moi », échappant des hanches et se mettant derrière la main avec de fréquents coups de tête. Je réglais le problème par un surcroit d’impulsion qui le remettait dans sa concentration aux aides.


La belle cadence ample et élastique qui fait son charme

Toujours au trot, je le stabilisais sur son mors en réglant la belle cadence ample et élastique qui fait son charme. Il tentait d’accélérer ou de sortir de la main sous un prétexte extérieur, je le ralentissais et je repartais toutes les dix foulées. C’est une des clés du retour au calme dans l’impulsion. Tout cela au trot enlevé ou assis, en fonction de la décontraction du dos et de la souplesse de mon assiette, tout en conservant la main fixe avec des poignets souples et des doigts moelleux.

 

Des problèmes pour les départs au galop

Dès qu’il se crispe, le galop redevient répétitif. Je prends toujours le galop à partir d’une épaule devant au pas ou au trot rassemblé. J’évite les départs avec coup de tête par des mains basses dans une épaule devant au trot ou au pas rassemblé. Cela ne se produit plus, sauf par manque de concentration ou à cause d’une aide mal adaptée. Quand tous les éléments sont en place, il part « par la pensée seule » selon l’expression du Maître Oliveira.


Demi-volte serrée autour des hanches au pas.

Dès qu’il a effectué sa première foulée de galop, je confirme les suivantes en renforçant mon assiette sans jambes. Les ralentissements et développements renforcent son attention. Les premiers doivent être invisibles, ensuite je les marque un peu plus jusqu’au galop très ralenti associé aux allongements sans qu’il sorte de la main ni ne remonte la nuque. Il doit rester rond.


Galop à droite.

Quand il atteint la cadence exigée, je fait une cession de main en avançant doucement mes poignets et en m’efforçant de conserver le rythme avec mon assiette.

 

Des demi-arrêts soignés sur la rêne extérieure

J’ai commencé à préparer la flexion des hanches au galop par l’épaule et les hanches en dedans avec des demi-arrêts soignés sur la rêne extérieure, pour qu’il y reporte son poids au début du mouvement. Arrêts hanches en dehors puis départs, et enfin, cercles de quinze mètres hanches en dedans avec des transitions jusqu’au galop très rassemblé avant de repartir. Je demande un changement de pied après avoir redressé le cheval dans le changement de main.


Hanche en dedans (travers) au trot.

Les changements de pied vont de banaliser parce qu’ils sont demandés dans le calme et noyés dans le travail des hanches. J’évite de lui demander des changements de pied en série afin de ne pas lui donner le prétexte de « s’armer » contre eux. Ensuite je développe le galop en amplifiant les foulées plutôt qu’en augmentant leur fréquence.


Appuyer au trot.


Appuyer au galop à droite.


Contre galop à droite.

Je reviens au trot rassemblé lent et actif avec poussée constante des postérieurs, puis en conservant un discret pli à droite, par un demi-arrêt léger sur la rêne gauche joint à la jambe gauche, je déclenche quelques foulées de doux passage alterné avec le trot rassemblé. Je fais cela quelle que soit la main, pour lutter contre la déviation naturelle à gauche des chevaux.


Doux passage.

Ensuite, pas raccourci enchaîné sur deux ou trois battues de piaffer et trot. Teimoso se diagonalise encore lentement et décompose beaucoup son geste, ce qui était bien au début. Maintenant qu’il le décompose, nous lui demandons de l’exécuter avec un peu plus d’énergie.