école de Dressage de Michel et Catherine Henriquet

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La tendance naturelle d'un jeune cheval traumatisé par le poids du cavalier et un corps étranger dans sa bouche est quée le creusement du dos et le renversement de la nuque. On augmente cette aversion par l'usage d'aides indélicates. Ce tableau est encore aggravé si la morphologie est défavorable : dos creux et encolure renversée. Dans tous les cas, l'inconfort réciproque ressenti par cavalier et monture entraîne la déstabilisation, la perte de la maitrise de la direction et de la cadence. Il s'ensuit parfois une fuite éperdue, le nez au vent. La mauvaise solution proposée après l'échec du mors de bridequi aggrave le problème sera le pelham, cette embouchure polyvalente aussi efficace que l'ouvre-boîtes du couteau suisse. L'ultime recours sera la rêne allemande, rebaptisée « rêne coulissante » tant ses méfaits l'ont entourée d'une funeste réputation. Enfermant l'encolure par un effet de poulie, agissant d'avant en arrière et de bas en haut, elle démultiplie la force du cavalier contre la bouche, exerçant une action si contraignante sur l'encolure qu'elle ne peut que céder vers l'arrière. Son usage répété mettra définitivement le cheval en arrière de la main. Il est facile de détecter les chevaux « placés » par ce moyen par la cassure provoquée à la troisième cervicale. Pour dissimuler cette espèce de mutilation, ces chevaux devront être présentés les mains quarante centimètres au-dessus de l'encolure pour la soutenir à la force des bras et cacher l'encapuchonnement. La légèreté et la flexibilité du bout de devant sont à jamais écartées. L'usage des rênes coulissantes dans certains cas cliniques ne peut être réservé qu'à des écuyers confirmés. Leur action doit être fugitive et d'un côté à la fois, celui de la résistance. Leur efficacité dépend de la cession de main qui reprend aussitôt contact avec le filet en sorte que le cheval perçoive la sensation que c'est le filet qui a subitement été irréversible et avant qu'il ne s'arc-boute sur la rêne coulissante. C'est à la fin de sa vie qu'il arrive au Maître Oliveira, parfois fatigué, de les utiliser avec certains chevaux brutaux La finesse de ses interventions excluait toute impression de dureté. Hélas, nous ne sommes pas tous des Oliveira !