école de Dressage de Michel et Catherine Henriquet

école de Dressage de Michel et Catherine Henriquet

Témoignage d'une présentation au public français d'un des meilleurs comportementalistes américains... Un de ceux qui ont choisi d'approcher le cheval par la compréhension et la communication. Sa devise est : « Dresser sans traumatiser ». Selon lui, il faut « procéder par étapes avec retour systématique en arrière en cas d'échec. »

La démonstration commence avec une jeune pouliche. La rencontre a lieu dans le « round pen », un espace circulaire. Une espèce de jeu « Je t'aime moi non plus » se déroule, au cours duquel l'animal court dans toutes les directions tout en se plaçant de plus en plus sous le contrôle du maître. La fuite se transforme en un face à face calme et amical.

Arrive une frêle jument pur-sang anglais aveç son jockey. Elle est présentée comme rétive. Elle passe aux mains de son éducateur, il saisit les rênes d'un filet dont le mors fait deux fois la largeur de sa bouche. Recul précipité et traversé. Désespoir évident. Cabrer et renversement dans lequel elle entraîne l'homme. Aucune protection sur ses membres, et dans l'acculement défensif le mors de filet est passé sur ses oreilles, le montant dans la bouche. Remplacement par un filet à aiguilles et nouvelle tentative pour pénétrer dans le « round pen ». Nouveau reculer, lâcher de la jument qui va et vient, s'emballe sans contrôle dans l'immense manège durant de longues minutes. Rattrapée, on lui fixe un lasso sur le mors, moyen le plus rapide pour rendre une bouche inutilisable et meurtrie. Nouvelle reculade, jument pointée, bouche révulsée, mors sorti ! Cela durera 1 h 40, jusqu'à ce que le jockey remonte, mais la jument tourbillonne. L'animal tremblant d'épuisement et trempé acceptera de s'arrêter entre deux panneaux.

Que l'on me comprenne bien : je ne conteste rien du talent des « béhavioristes » équins, rien non plus des qualités de l'auteur de ce petit drame. Je veux saisir à chaud cette terrible leçon pour vous, pour moi et j'espère pour lui. Confronté à une situation imprévue et malgré son expérience, il a préféré l'escalade dans la violence, oubliant en un instant les principes qui nous réunissent dans une régression primitive au nom du show. Cette séance étalée sur trois jours aurait abouti au succès, mais il fallait le courage de la suspendre et de l'expliquer. Cela eut été pour tous une leçon de sagesse et de compétence.