école de Dressage de Michel et Catherine Henriquet

école de Dressage de Michel et Catherine Henriquet

Comme promis, je vous livre ainsi qu’à vos amis quelques brèves réflexions sur l’état actuel de ce qui est notre préoccupation constante et commune.

Notre quotidien équestre s’alimente de la pédagogie que nous dispensons à des cavaliers bien pensants et de l’entraînement de nos chevaux, dans le souci constant de mettre en harmonie notre philosophie et nos gestes.

Cet engagement nous convainc chaque jour davantage que la seule volonté de légèreté ne peut suffire tant que certains paramètres ne sont pas réunis.

Nous donnons chaque année 1400 leçons particulières à quelques centaines de cavaliers de toutes origines. La plupart ont subi l’enseignement collectif des « animateurs de club » de la FFE, certains depuis de longues années. Quatre vingt pour cent d’entre eux brinqueballent dans leur selle, jambes et mains agitées en tout sens. Nous récupérons vite les juniors par la longe. Pour les adultes, l’élimination des parasites s’étale sur des années.

Comment parler décontraction et légèreté à ces victimes d’une formation frelatée. Je perçois parfois chez eux un désespoir mêlé de fureur.

J’affirme qu’en dehors des bases d’une formation rigoureuse s’adressant prioritairement au dos et à l’assiette, la légèreté reste un rêve. J’accuse les responsables de l’enseignement de ces cinquante dernières années d’avoir forfait à leurs obligations. Une autre catégorie de coupable se trouve parmi ceux qui sont chargés de dire les règles et d’en sanctionner les transgressions en compétition : les jurys nationaux et internationaux.

Nous préparons trois jeunes chevaux de bon potentiel et, à cette fin, participons à de nombreuses compétitions du petit tour après avoir épuisé les délices du grand. L’aveuglement des juges dépasse les limites. La compression est érigée en système et les critères suprêmes sont l’impulsion forcée.

Je condamne donc une majorité de juges, solidairement responsables avec les enseignants de l’état catastrophique  du dressage, de la disparition de la grâce, de l’équilibre et de la légèreté.

L’incompétence et l’acculturation les empêchent de prendre conscience du désastre.

Michel Henriquet, Décembre 2007.