école de Dressage de Michel et Catherine Henriquet

école de Dressage de Michel et Catherine Henriquet

Premiers pas vers la haute école

Nous allons repartir pour cette exaltante et improbable aventure qu'est la métamorphose d'un jeune cheval "naturel" en un complice et peut-être, un artiste.

Notre philosophie veut que l'art ne s'oppose pas à la nature, il s'en inspire pour le parfaire et le parer. Il sera à l'équitation ce que la danse est à l'exercice physique ; il sera cela et plus encore. Le cheval "outil" deviendra peut-être le cheval artiste. Avec lui, l'écuyer reconstituera par des moyens rationnels, profondément élaborés, l'équilibre parfait et les airs naturels de l'étalon libre et triomphant.



Les conditions requises pour aborder un dressage

Revenons sur terre et considérons la situation dans la perspective d'un cavalier raisonnablement confirmé, c'est-à-dire maîtrisant son dos et son assiette, se tenant aisément sans recours au raccrochage des mains et des jambes. Les aides assez justes pour qu'aux trois allures, il canalise un cheval mis, tant sur les droites que sur les courbes. Il tournera sans dérapage, ni contraction.

C'est dans ces conditions minimales, com­plétées par un souci de tact et de légèreté, que la série d'études que nous abordons sera im­médiatement profitable. La logique d'un dres­sage maîtrisé suppose la compétence et l'ex­périence du débourrage. C'est pour cela que nous ne l'aborderons pas ici, car c'est une affaire de spécialistes que ne sont pas toujours même les excellents "Galop 8" auxquels nous nous adressons. Beaucoup de débourreurs sont des empiriques qui ne se sortiront pas d'un débourrage délicat. Il ne se passe pas de mois sans que nous ne recevions une de ces malheureuses victimes. La sagesse, si l'on acquiert un poulain délicat, est de le confier à un cavalier chevronné. Il faut quatre à six semaines avec des poulains faciles pour qu'ils acceptent le cavalier, un mois de plus pour les confronter aux surprises de l'extérieur et les rendre maniables, dans les changements de direction. Nous débourrons vers trois ans et demi jusqu'à quatre où ils apprennent à nous porter et se mouvoir avec la même aisance montés que lorsqu'ils se déplaçaient librement.



L'équitation, un geste artificiel ?

Nous tenons à faire partager un point de vue qui peut surprendre mais conditionne toutes nos relations avec le cheval : son utilisation n'a jamais été qu'un compromis entre deux associés aux facultés de communication limitées. Dans cet étrange partenariat, l'homme, qui tend à se considérer comme un être supérieur, a un devoir de réflexion, de précaution et d'égard. Même si le cheval le sert depuis quelques millénaires, la nature ne l'a pas déterminé pour son usage. Pas plus que lui, l'être humain, n'est fonctionnellement constitué pour l'équitation. Il n'est que de comparer les réflexes d'un débutant à ceux d'un novice dans un autre sport : l'inhibition frappe le premier et le met dans des attitudes incohérentes qui se répercutant sur l'animal déclenchent défenses et fuites. Rien d'anormal dans ces réactions, toutes motivées par l'instinct d'autoprotection et de conservation. De partenaires, le couple devient vite antagoniste. On ne constate aucun de ces réflexes aberrants et la coordination est immédiatement adaptée lorsqu'on voit, même des enfants, lancer, rattraper, nager, lutter, etc. Lexpérience ne fera que parfaire la coordination.

Loin de nous l'intention de pousser ce raisonnement jusqu'à la négation de l'équitation. Avant d'entamer ce long parcours avec ce fragile et merveilleux partenaire, nous souhaitons proposer cette réflexion pour une approche raisonnée.



Les quatre étapes du dressage

Nous conservons un schéma d'entraînement gymnastique et mental éprouvé et affiné au cours de soixante ans de recherches. Il suit chronologiquement l'évolution du cycle qui conduit cavalier et cheval au
meilleur niveau de l'athlétisme et de l'équilibre. Nous divisons la progression en quatre étapes :

1 - "Le temps de comprendre " qui est la codification entre partenaires qui vont collaborer sans langage commun au départ. Il va de pair avec celui que met le cheval à rétablir ses allures naturelles sous le poids du cavalier.

2 - " Le temps d'apprendre " pendant lequel, usant d'un code convenu, le cavalier va entamer une longue gymnastique. Il élabore les équilibres et stylise les allures.

3 - " Le temps d'assembler " qui combine ces gestes dorénavant aisés dans la dynamique de l'action. C'est l'ébauche des airs classiques.

4 - " Le temps de parfaire " qui conduit à la poursuite de la perfection ; il est infini.

Michel Henriquet